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Faire une activité physique pendant son cancer

Il est loin le temps où il était conseillé aux personnes malades du cancer de se reposer et d’arrêter toute activité physique. Aujourd’hui, il est prouvé scientifiquement que la pratique sportive participe à la réduction du risque de développement de cancer. Elle  améliore également l’efficacité des traitements. Elle permettrait même de diminuer certains effets secondaires. Alors lancez-vous et bougez !

« L’exercice est une des meilleures provisions de santé. »  

 

Vous vous sentez fatigué pendant vos traitements ?

La fatigue est quasi-systématique en radiothérapie et chimiothérapie. Pendant et après vos traitements, exercer une activité physique régulière vous permet de stimuler vos défenses immunitaires. Vous améliorez ainsi votre qualité de vie et votre endurance. Les nausées et la fatigue, tant redoutées, seront alors atténuées. Parlez à votre médecin des sports que vous souhaitez pratiquer, il vous conseillera.

 

Quel sport choisir pendant sa chimiothérapie ?

La prescription d’exercice physique doit être donnée avec parcimonie car la pratique physique en excès peut compromettre la fonction immunitaire et potentiellement faire empirer la tumeur. Il est donc conseillé de pratiquer une activité sportive encadrée! Les professionnels sensibilisés à la fragilité des personnes malades savent personnaliser leurs conseils à la situation de chacun. N’hésitez pas à parler à votre médecin généraliste ou spécialiste pour qu’il adapte votre activité sportive à votre situation médicale.

Sélectionnez un sport ou une activité en fonction de votre niveau, de votre fatigue et de votre cancer. Evitez par exemple les mouvements de bras brusques comme le tennis en cas de cancer du sein. Evitez également de faire des abdos après chirurgie en bas du ventre (ovaire, prostate,…).

Privilégiez des sports modérés et plus adaptés à tous. Mettez-vous à la marche à pied, à la natation, à l’endurance, à la gym douce ou encore au yoga. L’idéal serait d’ailleurs d’alterner si possible dans la semaine ces différents sports.

Pour celles qui ont des œdèmes lymphatiques, quelques séances en piscine vous feront le plus grand bien pour retrouver de la souplesse dans votre bras.

Enchaînez votre séance d’entraînement par une séance d’étirement et de détente.

 

Aménagez votre quotidien

Essayez de marcher 30 à 45 minutes par jour, 5 fois par semaine. Si l’exercice s’avère difficile, commencez par des sessions de 5 à 10 minutes au début.

Cumulez les petits efforts quotidiens : montez les escaliers, allez faire vos courses en marchant, passez le balai,…

 

Quand commencez l’activité physique ?

Attendez 6 à 8 semaines après votre opération pour reprendre le sport afin d’éviter de tirer sur vos cicatrices.

Interrompez votre entrainement en cas de douleurs, de vomissements ou si vous vous sentez mal.

 

Et pour aller plus loin, petite leçon de physiologie

Le professeur Bradley Behnke, un chercheur en physiologie à l’Université de Kansas City, étudie l’impact de l’exercice physique sur les tumeurs. Selon ses études, l’activité physique rend plus efficace les traitements du cancer telles que la radiothérapie et la chimiothérapie. La raison de cet effet: la distribution d’oxygène.

Les tumeurs sont pourvues de zones peu oxygénées qui les rendent résistantes à la radiothérapie. Elles sont aussi plus susceptibles de développer des métastases. L’exercice physique en augmentant l’afflux sanguin jusqu’à la tumeur induit une meilleure oxygénation de celle-ci et donc une meilleure réponse aux traitements utilisés.

L’hypoxie, c’est à dire la diminution de la quantité d’oxygène distribuée par le sang aux tissus, est un phénomène commun aux tumeurs solides (cerveau, poumon, sein, prostate). Si la tumeur est hypoxique, le pronostic vital du patient est engagé de façon plus importante que pour les patients ayant des tumeurs non hypoxiques. L’exercice physique réduit cette hypoxie de 50%  et augmente l‘afflux sanguin de 200% selon une étude publiée dans le « Journal of the National Cancer Institute ».

L’objectif du professeur Bradley Behnke est maintenant de trouver le timing idéal pour la thérapie par l’exercice. Il s’agit de déterminer le moment, la durée et l’intensité d’exercice physique qu’il serait nécessaire à un individu atteint du cancer ou sous traitement pour optimiser ce dernier et ne pas mettre en danger les patients.

Alors dans tous types de sport, pensez à respirer profondément pour oxygéner un maximum votre sang !

 

L’activité physique encadrée : pour une meilleure qualité de vie

En France aussi la pratique de sport a de beaux jours devant elle. Le dernier Plan Cancer 2014-2019 en fait la promotion, notamment et rappelant que  » L’activité physique pendant et après le traitement améliore la qualité de vie et diminue la sensation de fatigue. Elle peut améliorer la survie après un cancer du sein ou un cancer colorectal, alors que la surcharge pondérale augmente le risque de second cancer. Le Plan cancer porte donc la promotion de l’activité physique encadrée et ajustée ainsi que des comportements nutritionnels adaptés ».