La dermopigmentation réparatrice après Cancer du Sein

La dermopigmentation réparatrice après Cancer du Sein

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Chaque année en France, 20 000 femmes atteintes d’un cancer subissent une mastectomie, c'est-à-dire une ablation complète du sein, accompagnée d’effets secondaires liés aux chimiothérapies et radiothérapies : perte de cheveux, cils et sourcils. Une épreuve douloureuse qui met leur féminité à rude épreuve.

Qu’est-ce que la dermopigmentation réparatrice ?

En complément des techniques de reconstruction, on trouve la dermopigmentation réparatrice, soumise à des conditions d’hygiène strictes (décret n°2008-149 du 19 février 2008 et décret du 3 mars 2008) afin de garantir la sécurité du patient.

La dermopigmentation réparatrice ou médicale fonctionne comme un tatouage semi-permanent esthétique. Elle consiste à déposer dans le derme, soit à environ 2 millimètres sous la surface de la peau, de petites particules colorées appelées pigments. Cette technique permet de dissimuler des cicatrices, recréer l’aréole mamelonnaire ou redessiner les sourcils et cils après chimiothérapie.

Nouvelles réglementations et données récentes

Renforcement de la formation des praticiens

Depuis 2024, un arrêté officiel encadre la formation obligatoire des personnes pratiquant la dermopigmentation réparatrice (classée dans les techniques de tatouage par effraction cutanée). Les principales exigences :

  • Formation initiale de 21 heures, dont au moins 7 heures pratiques
  • Certification obligatoire avec renouvellement tous les 5 ans
  • Évaluations théoriques et pratiques

Clarification du statut légal

La dermopigmentation réparatrice relève désormais des articles R.1311-2 à R.1311-5 du Code de la santé publique :

  • Pratique réglementée pour tatoueurs, esthéticiens et autres praticiens non médicaux
  • Respect strict des règles d’hygiène et déclaration auprès de l’ARS
  • Les professionnels de santé restent soumis à leur exercice réglementaire

Encadrement des produits utilisés

Les encres et pigments doivent respecter :

  • Les normes CEIIB et la conformité à la couleur de peau
  • Les interdictions d’ingrédients dangereux selon la réglementation européenne REACH

Prise en charge et projets récents

Des discussions parlementaires récentes montrent une volonté d’intégrer la dermopigmentation réparatrice dans la prise en charge post-cancer par l’assurance maladie, notamment lorsqu’elle est pratiquée par un professionnel de santé certifié.

Qui peut pratiquer la dermopigmentation réparatrice ?

Cette technique n’est pas réglementée pour les professionnels non médicaux, mais doit être réalisée en relation avec le corps médical. Les praticiens peuvent être :

  • Médecins
  • Infirmières formées
  • Esthéticiennes ou tatoueurs expérimentés

Un certificat médical attestant l’absence de contre-indication est obligatoire. Il est fortement recommandé de choisir un professionnel reconnu.

Qui peut bénéficier de la dermopigmentation réparatrice ?

Toutes les femmes touchées par un cancer peuvent y recourir, que ce soit pour le visage ou le corps. Certaines précautions sont nécessaires :

  • Ne pas être enceinte
  • Ne pas avoir de maladie virale évolutive
  • La surface à tatouer doit être saine (pas de lésion)

Quand réaliser la dermopigmentation ?

Pour la reconstruction de l’aréole

Il est recommandé d’attendre 6 à 8 mois après la reconstruction mammaire pour une cicatrisation complète.

Pour les sourcils et cils

Le maquillage semi-permanent peut être réalisé avant la perte des sourcils ou plusieurs semaines après la chimiothérapie.

La procédure de dermopigmentation réparatrice

Le matériel

  • Dermographe conforme aux normes médico-chirurgicales
  • Aiguilles, buses et godets stériles à usage unique
  • Pigments agréés respectant les normes CEIIB et adaptés à la couleur de peau

La technique

Le dermographe trempe l’aiguille dans le pigment à vitesse et profondeur réglable, qui traverse l’épiderme pour être implanté dans le derme en petite quantité.

Le déroulement de l’acte

Dans un cabinet médical, les interventions se font sous anesthésie locale. Dans un salon (sourcils), une crème anesthésiante peut être appliquée avant le passage sous l’aiguille.

Dermopigmentation de l’aréole mamelonnaire

Cette technique permet :

  • De dessiner l’aréole mammaire
  • De camoufler la cicatrice péri-aréolaire
  • De recréer l’aréole mammaire

Pour les femmes greffées, une dermopigmentation « symétrisante » peut être nécessaire. Le pigment est testé selon la couleur naturelle et nécessite une première retouche 2 mois après. Effet durable 3 à 5 ans selon la teinte.

Dermopigmentation réparatrice après mastectomie

Le prix

Le dessin des aréoles coûte entre 350 et 600 € pour les deux seins. Si l’intervention entre dans le cadre d’une ALD (Affection de Longue Durée), elle est remboursée par la sécurité sociale.

Dermopigmentation des sourcils et cils

Les sourcils redessinent l’expression du visage et apportent harmonie et dynamisme. Les pigments sont injectés superficiellement pour un résultat naturel, avec une première retouche après 3 semaines et un entretien tous les 6 à 18 mois.

Dermopigmentation des sourcils avant/après

Durée et prix

  • Sourcils : 300 à 500 €
  • Cils : 300 à 400 €
  • Ces interventions esthétiques ne sont pas remboursées

Les suites et précautions

  • Couleur : initialement foncée, elle perdra jusqu’à 50% d’intensité
  • Cicatrisation : environ 1 semaine, résultats visibles après 3-4 semaines
  • Soins : application régulière d’une crème cicatrisante
  • Précautions : pas de baignade, sauna ou exposition solaire prolongée pendant 10 à 15 jours
  • Informer les professionnels de santé avant laser ou IRM
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