Ce qu'il faut retenir du Plan Cancer 2014-2019

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  Il y a un an, François Hollande présentait les nouvelles dispositions du 3ème Plan Cancer avec comme objectif majeur : la réduction des inégalités. En effet, chaque année, 44.000 décès par cancer sont dus au tabac, 15.000 à l'alcool, 2.300 à l'obésité, 1000 à l'exposition solaire et 700 à l'infection au papillomavirus. Ainsi 40% des cancers pourraient être évités par une meilleure prise en charge, aussi bien sur le plan préventif que curatif. Ce rapport complet détaille des mesures à entreprendre sur les 5 prochaines années. En voici quelques-unes.
  • Le programme national de dépistage organisé pour le cancer de l'utérus
  Face aux résultats encourageants des dépistages organisés pour le cancer du sein et du côlon (16.000 cancers du sein et 4.500 cancers colorectaux sont détectés chaque année grâce à ce programme) c'est vers les cancers utérins que le 3ème plan est axé. L'idée de la généralisation du dépistage pour les femmes concernées est d'augmenter de 60% actuellement, à 80% le nombre de frottis réalisés d'ici 2019. De la même façon, le papillomavirus étant responsable de 70% des cancers utérins, le plan préconise de doubler le nombre de vaccinations en améliorant la communication autour de celle-ci et en proposant la gratuité de l'examen.
  • L'optimisation de la prise en charge
  Plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge est efficace. Selon une étude de l'INCa, le délai moyen d'attente pour réaliser une IRM est de 27 jours. Toujours dans l'optique de réduire les inégalités, l'objectif du plan est donc de réduire ce délai à 20 jours et ce de façon homogène sur l'ensemble du territoire.
  • Accentuer l'accès à l'innovation
  L'intérêt et l'adhésion manifestés par le public pour la recherche clinique ont permis des évolutions en terme de prise en charge, compréhension de la maladie et de stratégie de traitement. C'est dans le sens d'une plus grande participation aux essais cliniques que se tourne donc ce plan cancer. Il s'agit de doubler le nombre de participants dans le but d'une poursuite du progrès médical mais également d'une prise en charge de plus en plus qualitative.
  • Améliorer les traitements
  L'engouement pour les traitements anticancéreux oraux se fait sentir depuis quelques années. En 2020, ils représenteront 50% des traitements utilisés. Sécuriser l'utilisation de cette nouvelle voie d'administration devient donc un enjeu majeur. La chirurgie ambulatoire (hospitalisation réduite à une seule journée) fait également partie des nouvelles dispositions du plan. Bientôt 50% des chirurgies pratiquées dans le cadre du cancer du sein se feront en ambulatoire, offrant un gain de confort et de sécurité aux patientes.
  • Diminuer l'impact du cancer sur la vie des patients
  Les conséquences sociales et économiques du cancer sont difficiles à gérer pour beaucoup de patients. Socialement, sur l'ensemble des personnes en activité professionnelle au moment du diagnostic, 3/10 ont perdu leur emploi ou l'ont quitté deux ans après. Seul 30% des personnes ayant eu un cancer retrouvent un travail contre 43% pour les personnes n'ayant pas eu de cancer. L'objectif du plan est de sécuriser les parcours professionnels, en mettant en place des solutions personnalisées à chaque individu. Il s'agira de propulser le taux de retour à l'emploi 2 ans après un cancer à 50%. Économiquement aussi des améliorations sont à prévoir: - L'instauration d'un "droit à l'oubli", c'est à dire un délai après lequel il ne sera plus obligatoire de déclarer un cancer dans le cadre d'une assurance. - Doubler le tarif de remboursement par l'Assurance Maladie des prothèses capillaires. - Réduire le reste à charge supporté par les malades pour les prothèses mammaires externes.
  • Le programme national de réduction du tabagisme
  Dans l'objectif de sauver 15.000 vies chaque année, le plan préconise d'utiliser la politique des prix du tabac comme première arme de limitation de la consommation. Un fond pourvu de toute augmentation de recette perçue sur le tabac sera destiné à la recherche contre le cancer. Il s'agira aussi de tripler le montant pris en charge du forfait de sevrage tabagique.   Le succès des deux derniers plans cancers laisse présager des progrès que ce dernier plan apportera à la prise en charge des personnes victimes du cancer. L'axe prioritaire du plan, à savoir la réduction des inégalités, témoigne de cette volonté de renforcer notre système de santé dans le sens d'un accès facile aux dispositifs médicaux, indépendant des critères géographiques, sociaux ou économiques afin de donner à tous les mêmes chances de guérir.
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