Auteur du livre « Cancer ? Même pas peur », Martine Carret a 44 ans lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer héréditaire qui a déjà emporté sa mère, sa grand-mère et deux tantes. Loin de se morfondre sur cette fatalité, elle décide d’affronter la maladie et de continuer à vivre normalement. Elle a accepté de nous livrer ses astuces et les gestes bien-être qui lui ont permis de mieux vivre sa maladie.
Quels ont été les effets secondaires les plus lourds physiquement et psychologiquement ?
Sans hésiter, la sécheresse cutanée du visage et l’apparition très rapide de rides sur tout le bas du visage. Elles sont apparues en une matinée. C’était spectaculaire. J’étais catastrophée. Je n’ai pas compris ce qu’il se passait, ça a été un choc terrible. Je n’ai rien pu rien faire. J’ai juste attendu que la sécheresse due à la chimio s’atténue petit à petit. J’ai pu récupérer ma peau quelques temps après ma chimio, mais pas parfaitement. J’envisage donc de faire du botox ou autre technique de médecine esthétique pour réparer ma peau.
Les effets secondaires varient en fonction des gens, et en fonction de leurs points faibles. Ma peau étant mon point faible, les effets secondaires étaient là.
Comment avez-vous vécu la perte de vos cheveux ?
La chute de cheveux a été plutôt facile à accepter car non seulement je l’ai considéré comme une réalité mécanique du traitement et non comme un effet secondaire mais aussi parce que j’ai décidé d’en jouer. J’ai été aidée par Any d’Avray qui m’a expliqué qu’il fallait voir ce passage comme un moyen de jouer avec, comme un déguisement. J’avais toujours rêvé d’être rousse, du coup j’ai décidé d’en profiter, de prendre une perruque qui était complètement à l’opposé de ce à quoi je ressemblais habituellement. Ça a été un succès ! Je me sentais encore désirable car les hommes se retournaient sur moi dans la rue parce que j’étais rousse.
L’idée, c’est de se dire qu’on n’a pas le choix dans cette situation. Il faut absolument voir le côté positif car c’est trop facile de tomber dans le côté négatif et de se laisser aller.
S’il y avait un geste quotidien que vous recommanderiez, quel serait-il ?
Des massages du cuir chevelu. L’institut Clauderer à Paris m’avait envoyé, gratuitement, des techniques de massage à effectuer pour empêcher la sclérose de mon cuir chevelu. J’ai utilisé ces techniques tous les soirs, sans exception. Je voulais anticiper et préparer la repousse en favorisant le drainage pour ne pas déshydrater mon cuir chevelu. Aujourd’hui, j’ai une masse de cheveux impressionnante avec des boucles. Mon entourage est étonné de la vitesse à laquelle ils poussent et tout le monde me dit que mes cheveux sont sublimes. Mais honnêtement, je ne sais pas si ce sont vraiment les massages qui sont à l’origine de cette repousse ou parce que j’avais déjà de beaux cheveux avant.
Quels produits avez-vous utilisé pendant votre chimiothérapie ?
Je n’ai rien mis sur mon cuir chevelu. Pour le corps et le visage, j’utilisais des crèmes sans savon, sans parabène, sans huiles essentielles. Les plus douces possible. Avec la chimio, la texture de ma peau a changé et elle est devenue très réactive. Un produit qui me convenait à un moment donné, pouvait très bien ne plus me convenir trois semaines après. J’ai donc pris des produits très neutres. J’ai principalement ciblé les marques Avène et la Roche-Posay. Pour protéger mes ongles afin qu’ils ne tombent pas, j’ai utilisé le produit Evonail. Et ils ne sont jamais tombés ! J’en mettais plusieurs fois par jour. Une fois par semaine, je rinçais mes ongles avec une brosse et du savon neutre pour enlever la pellicule qui s’était formée. Et j’en remettais directement. Il ne faut surtout pas utiliser d’acétone, ce n’est pas un vernis. Grâce à ce produit mes ongles n’ont pas noirci. Mais j’en ai pris soin tout le temps.
Comment avez-vous fait pour concilier votre passion, la plongée, et les effets secondaires ?
J’ai continué à plonger pendant et après a chimio. Je n’ai rien changé. Le seul changement, peut-être, est que je suis passé aux grands formats pour les crèmes! Ma peau était ultra déshydratée dès que je sortais de l’eau. C’était même plus que de la déshydratation! J'avais donc besoin de me crémer très très souvent. Pour ce qui est de la protection solaire, j’avais déjà l’habitude d’en mettre beaucoup, avant mon cancer, grâce à mes voyages en Australie et dans le Pacifique où j’ai été sensibilisée par leur campagne de protection solaire. Maintenant j’en mets juste encore plus car je fais très attention à ma peau. Dorénavant je mets aussi des produits de protection solaire pour mes cheveux, car je veux les protéger.
Les effets secondaires varient en fonction de chaque personne et de ses points faibles mais ce qui est certain c’est qu’il faut les anticiper et ne pas attendre que les effets secondaires apparaissent pour essayer de les guérir ensuite parce qu'il est déjà trop tard.
Merci à Martine Carret pour son témoignage!
Retrouvez son livre « Cancer ? Même pas peur ! », aux Editions Archipel