En fin d'année dernière, Jean-Luc nous a contacté pour nous raconter son histoire. Nous sommes très touchées qu'un homme nous ait choisi pour partager son histoire. Touché par un cancer de la prostate avec métastase, Jean-Luc, grand sportif, nous parle de son parcours face à cette maladie masculine, des opérations, de la confiance placée dans les équipes soignantes et enfin des bienfaits du sport dans son parcours de soin.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis un homme de 67 ans, sportif. Je faisais 5000-6000 km jusqu'à 20 000 km par an de vélo route. Je suis également Ingénieur en informatique.
Parlez-nous parler de votre cancer.
Cancer prostatique avec métastases sur la colonne vertébrale
"A peine arrivé, aussitôt opéré"
Quand et comment a-t-il a été découvert ?
Suite à un mal au dos un peu particulier, je consulte et on me prescrit une radio. Mais j’insiste pour une mesure de PSA et le résultat PSA est de 700 (test réalisé pour détecter le cancer de la prostate). J'enchaine alors avec un IRM et un rendez-vous chez un urologue. Pour l'IRM, j’insiste sur le mal au dos d’où le changement de son diagnostic. Après la consultation chez l'urologue, j'ai eu un rendez-vous pour une biopsie 3 jours après.
Ayant toujours mal au dos, je consulte les urgences qui soulage la douleur et me conseil de prendre rendez-vous pour un scanner le lendemain. Là, l'opérateur s’aperçoit de quelque chose et me donne un rendez-vous pour le lendemain matin pour une IRM. Ensuite, il entre en relation avec l'urologue, l'oncologue et toute l'équipe de l'ouest parisien d'oncologie....
Je retourne à la maison et on m’appelle le lendemain à 8h pour que je fasse un complément d'imagerie. A 14h00 on m'appelle de nouveau en me demandant de me rendre en urgence à l'Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP) .
Je contacte alors le 15 qui, rapidement, trouve mon dossier et me font parvenir une ambulance.
A peine arrivé, aussitôt opéré ! Je tiens à vous préciser que la gestion de la douleur a été formidable.
"J'ai eu une totale confiance dans les équipes".
Comment l’avez-vous vécu ?
Au vu de l’urgence je l'ai bien vécu car j'ai eu une totale confiance dans les équipes qui m’ont pris en charge et ont toujours répondu à mes questions.
Est-ce que vous pourriez nous parler du ou des traitements que vous avez reçus ?
L'opération a eu lieu le 2 Août (5 vertèbres entre deux barres de titane et 10 vis). J'ai aussi fait un séjour d'environ 15 jours en centre de éducation, grâce au kiné et mes efforts (je hantais les couloirs). Je suis sortie pour pet scan le 2 septembre et la pose d'un pac. Ensuite, j'ai eu une chimio le 9 septembre puis tous les 24 jours (6 séances). La première, je l'ai bien supportée mise à part la fatigue, donc je dormais l'après-midi. Puis, j'ai enchaîné avec 10 séances de radiothérapie qui sont également terminées et maintenant, on a ajouté de l’hormonothérapie
"C'est mon organisme qui décide"
Comment avez-vous vécu les effets secondaires ?
En suivant le mode d'emploi pour la chimio, j'ai eu seulement un petit manque d'appétit mais pas de renvoie. Par contre la fatigue ! Le jour de la séance je dormais toute la journée et le lendemain je faisais également une petite sieste 30mn à 1h, mais c'est mon organisme qui décide. Pour la radiothérapie je ressentais une petite fatigue deux heures après.
Quand au personnel, ils sont tous merveilleux et aux petits soins.
"Parlez de votre maladie et ne restez pas seul".
Quels conseils donneriez-vous à nos lectrices et lecteurs qui cherchent des astuces ou des solutions ? Qu’est-ce qui vous a fait du bien ?
Question sommeil, revoir sa literie et voire l'achat d'un sur-matelas. Mais surtout, il faut écouter son corps ! De plus, faire un peu de sport. Avec un tapis de marche par exemple.
Enfin, parlez de votre maladie et ne restez pas seul.e.
Comment a réagi votre entourage ?
Une fois l'annonce faite, ils m'ont soutenu et le considère comme toute maladie qu'il faut suivre.
Est-ce que le cancer a changé votre façon de voir la vie ? Si oui, de quelle manière ?
Pour l'instant il faut me remettre de l'opération. Je fais plus la sieste mais je continue, à un niveau moindre, le sport. Je fais du home training grâce à un tapis de marche.
Est-ce que la maladie a affecté votre perception de vous-même ?
Non, étant asthmatique depuis l'age de 5 ans je me suis toujours confronté à la maladie.
Un message pour nos lectrices / lecteurs ? Vous avez carte blanche!
Ne pas perdre espoir, en parler et faire du sport.